Retour à Bondésir

En décembre dernier nous écrivions « Le site de Bondésir» à Montlouis était un des plus beaux paysages de Loire à l’est de Tours. Il a été massacrée sans ménagement et sans études et informations préalables.

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En effet, des travaux de déboisement, commandés par les services de l’État, ont été effectués dans le cadre de la gestion du risque inondation. Personne ne remet en cause le fait qu’il faille réaliser certaines coupes car la fermeture du lit majeur de la Loire est réellement problématique pour l’écoulement de l’eau.
Mais pour cela, de grands arbres ont été abattus pour rien au vu de leur implantation éloignée du fleuve. Il s’agissait seulement de récupérer une quantité suffisante de « bois énergie » pour rendre ce déboisement rentable pour l’entreprise qui a effectué les travaux.
Ce chantier n’a respecté ni la flore, ni la faune, ni les aménagements existants comme le sentier qui était accessible aux personnes à mobilité réduite ou mal-voyantes »

Ce que nous avons fait
– organisation d’un rassemblement sur le site, d’une réunion publique d’information, signature d’une pétition, réalisation de communiqués de presse et courriers à toutes les institutions concernées par ces travaux,
– recours gracieux auprès de préfet pour demander à l’État de mettre en œuvre des mesures compensatoires et dépôt d’une plainte contre X auprès du procureur de la république,

Ce que nous avons obtenu
– ce que nous déclarions en décembre 2016 c’est révélé exact : Bondésir était le premier chantier d’un projet concernant toute la vallée de la Loire. Le chantier suivant était prévu cette année sur les communes de Berthenay et de St Genouph … mais non réalisé suite à nos interventions auprès des services de l’État.
– l’évacuation du tas de bois déchiqueté entreposé près d’un captage d’eau potable de la commune de Montlouis.
– l’engagement d’un dessouchage de 4 hectares sur les 14 concernés par le déboisement afin de limiter la repousse des rejets et la réfection totale du sentier de découverte après les travaux.

Quel est l’état du site 10 mois après ces travaux ?
Comme cela avait déjà été observé sur d’autres opérations, le recépage des peupliers et des robiniers a provoqué une repousse très importante de ces derniers sous forme de multiples rameaux atteignant déjà en fin d’été des hauteurs de 2 à 3 m et densifiant ainsi l’occupation du lit. Quand sera-t-il dans quelques années ? Une partie du sentier disparaît déjà sous les rejets.
Des espaces restant ouverts entre ces repousses de peupliers ont été colonisé par l’ambroisie sur les zones basses sableuses avec un risque sur la santé pour les riverains.

Il nous semble urgent de réaliser un suivi scientifique et naturaliste du site pour en étudier les évolutions après ces travaux et réaliser les interventions nécessaires. Il est essentiel d’en tirer des enseignements pour mieux préparer les projets à venir.

Afin de partager un constat sur l’état du site et d’envisager les suites à donner aux actions que nous avons déjà réalisé, nous vous invitons à une visite du site accompagnée par des naturalistes:

le samedi 23 septembre 2017 à 10h00.

RDV sur le parking face au restaurant « la Cave »

70 quai Albert Baillet

Cette visite du site est organisée alors que l’entreprise va intervenir pour finaliser le déboisement de la « grande île »

Initiative organisée avec la participation de la Société d’Étude, de Protection et d’Aménagement de la Nature en Touraine (SEPANT)

Protégeons l’ile de «Bondésir» à Montlouis : un des plus beaux paysages de Loire à l’est de Tours massacré sans ménagement et sans études et informations préalables !

La pétition Protégeons l’ile de «Bondésir» à Montlouis : un des plus beaux paysages de Loire à l’est de Tours massacré sans ménagement et sans études et informations préalables ! est en ligne…

Vous pourrez aussi informer toutes les personnes au sujet de notre pétition en la divulguant sur des forums, des sites ou des blogs,, sur le même thème. Le succès de la pétition dépend d’une divulgation efficace.

Commencez tout de suite par envoyer un e-mail à vos contacts.:

Signer la pétition hébergée sur: http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2016N49242

 

Massacre à la tronçonneuse et Bulldozer sur l’île de Bondésir …. Pourquoi ?

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STOP au massacre d’un site naturel protégé à Montlouis sur Loire

L’association Changeons d’Ere a organisé un rassemblement ce samedi matin sur le site de l’île de Bondésir en bordure de Loire, à Montlouis sur Loire, pour protester contre les travaux de déboisement en cours sur ce site. En parallèle, elle a adressé une lettre ouverte au Préfet d’Indre et Loire, au Directeur Régional de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, au Directeur Départemental des Territoires, et au Directeur du Conservatoire d’Espaces Naturels Centre Val de Loire. Une trentaine de personnes se sont retrouvées, la plupart habitant Montlouis, mais aussi des adhérent(e)s ou représentant(e)s de diverses associations telles que la SEPANT, la Maison de La Loire, la Ligue pour la Protection des Oiseaux.
Comme l’indiquent les panneaux à l’entrée, le site de Bondésir est un site naturel protégé. Il s’agit d’un site Natura 2000 et faisant l’objet d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope.
A ce titre, il y est interdit de circuler en véhicule motorisé ou d’y cueillir quoi que ce soit.
Régulièrement, des contraventions sont dressées aux personnes qui ne le respectent pas.
Selon la plaquette du Conservatoire d’Espaces Naturels Centre Val de Loire, le val abrite plus de 600 espèces de plantes, 200 espèces d’oiseaux, 370 espèces d’insectes et 40 espèces de mammifères.
De nombreux habitants de Montlouis ainsi que les enfants des écoles de la commune, avaient pour habitude de se rendre sur cette île, souvent accompagnés par des animateurs de la Maison de la Loire, proche du site. Ils pouvaient ainsi observer le fleuve, les oiseaux qui s’y posaient et se réfugiaient dans les zones boisées et même découvrir l’habitat des castors (sans arbres, cela va leur compliquer la vie !).

Alors que font les bulldozers sur le site depuis 2 semaines ?

Un panneau d’information relatif aux travaux en cours précise qu’il s’agit de « travaux d’entretien des prairies alluviales du lit majeur de la Loire pour préserver la biodiversité floristique qui y est associé ».De grands arbres ont été abattus ou arrachés sans aucune précaution dont certains avaient plusieurs dizaines d’années, et sont ensuite réduits en copeaux en quelques minutes.
Le constat est que ce chantier ne respecte ni la flore, ni la faune, ni les aménagements existants comme le sentier qui était accessible aux personnes à mobilité réduite ou malvoyantes.
Aujourd’hui, à la place des sentiers, il y a de véritables routes et à la place des prairies et de la forêt alluviale, un terrain vague ! Certes, les sentiers seront sans doute remis en état, mais qui paiera ?
Au regard des informations disponibles sur le site, ces travaux s’effectuent dans le cadre de la gestion du risque inondation.
Les manifestant(e)s ne remettent pas en cause le fait qu’il faille effectuer certaines coupes. En effet, la fermeture du lit majeur de la Loire est réellement problématique pour l’écoulement de l’eau. Cette fermeture résulte d’ailleurs largement des activités humaines : extraction de sable, utilisation d’intrant dans le bassin versant…

C’est plutôt la façon dont sont réalisés les travaux qui pose problème. En effet, ces travaux ont été lancés sans aucune concertation ni information avec la population ou les associations. Comment espérer que la population adhère au futur plan de prévention du risque inondation si on ne prend pas le temps de lui expliquer et de l’informer sur le but de ce déboisement ?
Par ailleurs, l’utilisation de machines de gros gabarit a forcément un impact sur la faune et la flore et détruit les aménagements existants alors qu’il existe pourtant des techniques alternatives moins dévastatrices. A ceci, on peut ajouter un certain nombre de questions : quels moyens seront mis pour l’entretien courant à l’issue du chantier pour qu’il n’y ait pas le même type d’intervention dans 5 ans ?
Pourquoi raser tous les arbres sur la zone de broyage alors que ce n’est pas une zone d’écoulement des eaux ? N’y-a-t-il pas derrière la prétendue protection des populations des intérêts financiers juteux ? Quelle incidence aura l’écoulement des « jus » de copeaux stockés sur une période longue sur le site qui est aussi un site de captage des eaux utilisées dans les foyers montlouisiens ?
Nous demandons le respect des lois protégeant la faune et la flore de ce site (doit-on le rappeler, site classé), ce qui implique l’arrêt immédiat de ce chantier sous sa forme actuelle et la mise en place d’une véritable concertation permettant réellement la protection des populations et de l’environnement.
Dans l’immédiat, nous appelons les associations de protection de l’environnement et la population locale à se mobiliser sous toutes les formes possibles.

Le bureau de « Changeons d’ère »

Association « Changeons d’ère »
12, rue Madeleine VERNET
37270 MONTLOUIS

Deux nouveaux membres au conseil municipal

Le groupe « Montlouis changeons pour de bon » avait émis le souhait de faire « tourner » les colistiers durant le mandat. Julie Chovin-Rauflet et Fabrice Oré remplacent Céline Debourg et Jean-Claude Bragoulet que nous remercions chaleureusement pour leur dévouement.

Fabien Coste étant le troisième colistier siégeant au conseil municipal.

Julie Chovin-Rauflet

Julie Chovin-Rauflet

Fabrice Oré

Fabrice Oré

Quand la Mairie de Montlouis découvre la démocratie participative !

Jusqu’à présent la ville de Montlouis sur Loire était administrée par des élu(e)s qui pensaient avoir la science infuse. Ils(elles) ignoraient que leurs concitoyen(ne)s étaient constitué(e)s avec les mêmes éléments qu’eux(elles), ce qui les dotaient des capacités de penser et même d’émettre un avis !

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La fameuse grappe, mise à terre par la tempête, début février. – (Photo correspondant NR, Jean-Marc Gourbillon)-Article du 06/04/2016 >>cliquez pour aller sur le site de la NR<<

Mais heureusement, les temps changent, et une révolution vient d’avoir lieu. Pardon, la révolution est en fait un phénomène tout à fait naturel appelé « tempête ». En effet, comme indiqué sur le site de la ville, «Durant la nuit du samedi 6 au dimanche 7 février, un coup de vent a eu raison de la sculpture en forme de grappe installée sur le quai Baillet». Un évènement dramatique puisqu’il a fait une victime ! L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le renversement de la grappe a aussi renversé les esprits des élu(e)s montlouisien(ne)s. C’est alors qu’ils(elles) se sont mis(e)s à penser autrement et à considérer que chaque citoyen(ne) avait sans doute un avis quant à l’élément susceptible de combler le vide abyssal laissé par cette triste disparition.

Après la tempête, la révolution donc ! Un article dans la Nouvelle République, et un Vivacité (journal de la ville) plus tard, la procédure était lancée : une consultation citoyenne sur internet. 5 questions, dont une seule question ouverte : (1) Etiez-vous attaché à cette sculpture ?, (2) Etes-vous favorable à son remplacement ?, (3) Pensez-vous que la grappe participait à l’identité de la ville ? (4) Quel type d’œuvre pourrait selon vous remplacer la grappe ?, (5) Seriez-vous prêt(e) à vous associer à un financement participatif pour la remplacer ? Il ne faut pas trop en demander non plus ! Mais ne soyons pas critiques, c’est un début.

On peut juste regretter que cette catastrophe ne soit pas arrivée quelques mois ou années plus tôt. Les citoyen(ne)s auraient alors sans doute eu la chance d’être consulté(e)s sur le projet des Hauts de Montlouis (800 logements selon l’article de la NR du 20/04/2016 faisant suite à son inauguration), sur le budget municipal, sur les rythmes scolaires, sur le terrain synthétique de foot (700 000€), sur la rénovation de la place de la mairie (2 000 000 €, selon l’article de la NR du 23/04/2016), sur la fusion des communautés de communes, sur la construction du bâtiment de la CCET devenu obsolète depuis la fusion des communautés, et sur beaucoup d’autres sujets.

Mais c’est du passé, tournons-nous plutôt vers l’avenir ! La consultation citoyenne en cours est tellement passionnante et importante qu’elle est prévue pour durer jusqu’au 1er juillet, soit 3 mois.

La grappe de Montlouis-sur-Loire -

La grappe de Montlouis-sur-Loire au temps de sa « splendeur » sur France Bleu Touraine.

On imagine que dans la foulée, d’autres consultations, beaucoup plus secondaires vont suivre. Par exemple, le développement des transports collectifs vers l’agglomération, la mise en place d’animations socio-culturelles pour les jeunes, le passage au numérique dans les écoles, le plan de prévention du risque inondation, le devenir de l’école de Husseau, le budget municipal 2017, etc.

Soyons certains qu’il faudra quelques temps aux montlouisien(ne)s pour s’habituer à un tel changement et à être régulièrement consulté(e)s,… et qui sait, peut-être même entendu(e)s ! Bientôt, ils(elles) diront à leurs élu(e)s, « Lâchez-nous la grappe ! »

Jean Claude Laulanié

Jean Claude Laulanié

Plan de prévention à risque pour Montlouis ?

Le conseil municipal s’est réuni lundi soir sous la présidence du maire, Vincent Morette, pour donner un avis sur l’avant-projet de plan de prévention des risques naturels prévisibles d’inondation. Le PPRI est un outil réglementaire visant à limiter les conséquences humaines et économiques des inondations et à faciliter le retour à une situation normale.

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Le Val de Loire est préservé des inondations par ses digues pour des crues de faible importance. Toutefois, la combinaison de crues originaires des Cévennes et de longues périodes pluvieuses d’origine océaniques est susceptible d’entraîner des phénomènes de crues catastrophiques.
De nouvelles connaissances et la nécessité d’une qualification de l’aléa plus adaptée au risque ont conduit l’État à engager la révision du PPRI en vigueur. Le conseil a émis un avis réservé sur cet avant-projet en cohérence avec celui émis par le syndicat mixte de l’agglomération tourangelle (Smat).
Le conseil demande que quelques points soient pris en considération dans le projet final. En l’occurrence que les travaux de renforcement des systèmes d’endiguement ne soient pas contradictoires avec une augmentation mesurée de la population. Une rédaction plus précise et moins ambiguë sur certains articles de façon à ce qu’il n’y ait pas d’incohérence entre le fait de stabiliser la population en place et d’autoriser de nouvelles constructions.

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Inondations de plus plus fréquentes dues au dérèglement climatique…et l’urbanisation excessive…

Et, enfin, choisir des symboles cartographiques plus lisibles pour éviter tout risque de contentieux. Le groupeVivons en harmonie à Montlouis adhère et vote l’avis de réserve tel qu’il est présenté au conseil, tout en formulant quelques commentaires. « Vous êtes favorable à la construction de la vallée Saint-Brice, zone vulnérable ainsi que l’autorisation de construction dans le peu de terrain disponible aux Fosses Bouteilles qui augmentera le risque et dénaturera les constructions actuelles ».
Jean-Claude Bragoulet du groupe Montlouis changeons pour de bon monte au créneau pour défendre une autre vision de la prévention des risques. « Vous choisissez une posture qui vise à affaiblir la réglementation élaborée par l’État, là où justement, elle affiche des objectifs de préserver des vies humaines et la réduction du coût des dommages lié à une inondation ».

L’avis de réserve a été adopté (4 contres).

NR du 16/03/2016

Document pdf

 

Intercommunalité en France : un véritable hold up sur la démocratie

Nous avons donc deux mois pour donner un avis sur un scénario bien établi.
Deux mois ! Qui peut raisonnablement penser que cela est suffisant pour construire un projet intercommunal ?
De qui se moque-t-on ?
Tout simplement des électeurs.

l’intercommunalité en marche…forcée !

Des électeurs qui ont été appelés à se prononcer il y a tout juste 18 mois lors des élections des 23 et 30 mars sur un projet municipal.
Des électeurs à qui on a fait croire que la commune était l’échelon premier de la démocratie locale. D’ailleurs ils y sont attachés les électeurs à leurs institutions communales si on se réfère aux taux de participation aux différents scrutins (en 2ème place après le taux de participation aux présidentielles) et ce n’est pas étonnant parce que les lois de décentralisation ont transféré aux communes d’importantes prérogatives.
Et pourtant, les électeurs assistent depuis les années 1990 à un développement sans précédent de l’intercommunalité qui semble battre en brèche cette célébration des communes de leur autonomie.
Depuis 30 ans on assiste à une généralisation de l’intercommunalité : 156 EPCI existaient en 1990 ; il y en a 2611 en 2010 représentant 95% des communes et 90% de la population.

Ces institutions interviennent désormais dans un nombre de domaines croissant (voirie, réseaux eau et assainissement, ramassage et traitement des déchets, transports, développement économique, gestion des grands équipements, petite enfance…) .
Le problème c’est que ce développement massif de l’intercommunalité s’est produit sans démocratisation concomitante et les conseils municipaux deviennent de plus en plus des coquilles vides. Il apparaît de plus en plus clairement que les institutions et les politiques intercommunales font figure d’objets doublement confisqués :
– confisqués par leurs élus. Les négociations intercommunales s’effectuent bien souvent en coulisse, à l’abri des regards des conseillers municipaux, des médias locaux et des citoyens. La mise en débat, la « politisation » de l’action intercommunale n’existent pas, même pas le temps d’une campagne électorale.
– confisqués également par les spécialistes. Au nom de la spécificité des domaines d’intervention l’intercommunalité a longtemps été présentée comme l’affaire des réformateurs et des experts. Aujourd’hui l’intercommunalité dispose non seulement de ses experts mais aussi de ses revues spécialisées, de ses controverses inaccessibles aux profanes voire aux élus eux-mêmes !!

200 élus des Côtes d’Armor, étranglés par la loi NOTRe, se rassemblent à Saint-Brieuc contre la baisse des dotations

L’intercommunalité dans son fonctionnement actuel participe donc d’un mouvement de captation de l’action publique par des instances où prédominent les négociations et les compromis permanents dans des logiques qui sont très éloignées des principes de publicité, de débats et de délibération qui fondent la démocratie représentative déjà bien éloignée de la démocratie que nous revendiquons : la démocratie participative.

L’intercommunalité affaiblit considérablement les conseils municipaux et leur maitrise des politiques publiques mais, paradoxalement elle renforce les pouvoirs des maires. Ce sont en effet les maires qui se répartissent les postes de l’exécutif intercommunal selon des règles d’équilibre et de cumul savamment dosées.

Pour autant, nous ne plaidons ici ni pour le maintien de l’organisation territoriale actuelle ni le retour aux seul pouvoir communal.
Faut-il rappeler que c’est un député du tiers état Jacques Guillaume Touret, qui en 1789 appelait à la création de grandes agglomérations de citoyens plutôt que « la division du peuple par petites corporations dans lesquelles tout sentiment généreux est étouffé par celui de l’impuissance ». Avec Sieyès ils plaidaient pour la création de 720 communes de grandes tailles. A leur projet a été préféré celui de Mirabeau plus proche de l’existant et qui aboutit à la création par l’assemblée constituante de 44 000 municipalités (36 000 aujourd’hui) : les anciennes paroisses aux « communautés » sont transformées en autant de municipalités qui, malgré de fortes disproportions de taille sont placées sous un seul et unique régime juridique.
Ce débat sur le découpage municipal resurgit sous la forme de regroupement de communes défendu cette fois par Condorcet. Les municipalités de cantons voient le jour en 1795 mais sont supprimées dès 1799 par le changement de régime.
Nous ne sommes pas pour le statu quo mais ce que nous souhaitons c’est qu’on arrête enfin de leurrer les habitants d’un territoire, qu’on arrête de créer de la déconnexion entre ceux qui décident des politiques et ceux à qui elles s’adressent.

C’est ce que nous vous demandons de transmettre au représentant de l’état : au lieu d’un avis sur une carte et un découpage géographique nous aurions souhaité que l’on mette la question du fonctionnement des intercommunalités en débat.
Mais nous n’avons pas confiance.
En 2012 la majorité élue disposait des pouvoirs institutionnels (présidence de la république, assemblée législative, sénat, régions, nombreux départements et grandes villes) pour réaliser une réforme territoriale digne de ce nom et faire avancer notre pays vers davantage de démocratie.
Au lieu d’une réforme ambitieuse de nos institutions , de nos collectivités territoriales, nous avons assisté pour le découpage des régions, pour les prérogatives des départements et maintenant pour les intercommunalités à des tripatouillages davantage destinés à favoriser ou préserver des fiefs ou des baronnies locales amis que de construire les fondations d’une organisation démocratique et participative des territoires.
C’est malheureusement un très mauvais signal qui est donné aux électeurs et qui creuse le lit de tous ceux qui prônent le repli sur soi et les conservatismes.

Jean Claude Bragoulet

Jean Claude Bragoulet

Fusion CCET-Vouvrillon: le référendum reste la seule conclusion

A la lecture de ce projet de nouveau schéma départemental de coopération intercommunal, nous sommes inquiet pour la démocratie et ce pour 5 raisons :

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Le préfet divise par deux le nombre de communautés de communes. – (Infographie NR)

  1. En premier lieu, nous voudrions vous faire part de notre étonnement d’avoir découvert par la presse locale cette nouvelle carte intercommunale du département. Parait-il qu’il ne s’agit que d’une proposition du Préfet, mais nous avons le fort sentiment que le dossier est déjà bouclé.

Car très clairement, il s’agit pour lui, sous l’autorité de l’Etat, d’imposer aux populations et aux élus une nouvelle organisation territoriale plutôt que de permettre aux collectivités de s’associer librement au sein d’intercommunalités choisies. C’est en cela une rupture majeure avec les principes de la coopération entre communes telle qu’elle s’est construite depuis trois décennies.

La loi NOTRe autorise le préfet à appliquer son projet même si une majorité des communes s’y sont opposés. On connaissait tous le 49/3 à l’Assemblée nationale et bien désormais le Préfet dispose du même article !

Pour rappel, cette réforme a suscité dès le début beaucoup de critiques des élus, y compris ceux de la majorité. Toutes les associations, l’AMF, l’ADF, l’ARF… ont dénoncé une régression de la décentralisation.

Nous regrettons vivement cette vision étatique du territoire. C’est pour nous un coup de force qui n’est pas acceptable.

  1. Quel est la place des citoyens, vont-ils être consultés ? On nom de qui ou de quoi, un homme seul dans son bureau, avec quelques collaborateurs, décident du sors de citoyens d’un territoire ?

Pour nous c’est clair, c’est un affaiblissement de la démocratie de proximité au bénéfice de la centralisation, sur fond de concurrence entre les territoires.

Sans discussion approfondie au sein des populations, avec les personnels et associations, des conseils municipaux, sur l’opportunité d’une telle réorganisation, le regroupement forcé de structures intercommunales ne peut qu’aboutir à des schémas inadaptés, ne répondant pas à l’impératif d’une correspondance entre les nouvelles structures et les bassins de vie auxquels elles devraient correspondre.

  1. Nous savons maintenant que cette réforme ne va faire aucune économie. Et l’exemple montlouisien dans ce domaine. Nous n’avons pas encore inauguré le nouveau siège de la CCET. Le préfet propose de fusionner l’Est Tourangeau avec le Vouvrillon. Ce nouveau siège a couté 2,4 M€ au contribuable. Va-t-il être suffisamment grand ? Faudra-t-il en refaire un ?

  1. On nous demande un avis, alors que nous ne disposons pas des éléments chiffrés sur les conséquences des projets de fusion. L’adhésion d’une commune, ce sont des recettes, mais aussi des contraintes comme le ramassage des ordures ménagères par exemple. Un avis pour la structuration des prochaines décennies mérite d’y consacrer du temps, d’autant que les choix impacteront probablement la fiscalité des ménages de l’ensemble de ces communautés.

Ceci est d’autant plus vrai qu’un schéma, rédigé dans l’urgence, ne comprent pas d’analyse sur les incidences financières et fiscales pour les communes et les populations. Or, de tels changements de périmètres sont lourds de conséquences en terme de mutualisation des services, sur les personnels et donc de réponse concrète aux besoins des habitants.

  1. Le calendrier prévu par le gouvernement est extrêmement serré car nous avons seulement deux mois pour donner un avis avant que le Préfet n’arrête le schéma au 31 mars 2016. Comment voulez-vous que nous puissions nous prononcer de manière sérieuse, justifiée, argumentée sur le schéma qui nous est soumis, sans même demander l’avis aux premiers concernés, les habitants ?

L’intercommunalité ne doit être qu’une démarche librement consentie, un outil au service de projets de territoire.

Je voudrais citer les propos du Président Dourthe dans l’édito du dernier magasine de l’Est Tourangeau « Cette évolution se fait pour que l’intercommunalité puisse monter en puissance, exercer de nouvelles compétences tout en ayant les moyens d’agir. Cela implique d’atteindre un seuil critique en terme de population et de territoire. »

Je peux partager en partie cette analyse, mais cela doit se faire en toute transparence avec les habitants, dans un esprit partagé collectivement. Car vous le savez, dans un mariage, le consentement est évidemment nécessaire.

Quant au moyen d’agir, nous avons plus que raison d’en douter au moment où l’Etat baisse ses dotations. Nous pensons sérieusement que l’étranglement financier va se poursuivre.

L’intercommunalité est une construction de vrais projets et ne doit se faire sur une course à la suppression des services publics et à la carotte de dotations d’Etat !

Pour nous, le référendum reste la seule conclusion à ce dossier.

Fabien Coste

Fabien Coste

Des mesures urgentes pour l’accueil des réfugiés

Après l’émotion suscitée par la photo d’un enfant mort sur une plage, après l’émotion suscitée par des flots de réfugiés qui traversent les frontières, sous la pression des humanistes de notre pays, le discours de quelques élus est en train de changer.

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La crise des réfugiés continue en Méditerranée… Le HCR est sur le terrain pour apporter protection et assistance. ils ont besoin de votre aide dès maintenant.

Aujourd’hui mon sentiment est partagé. S’il est partagé ce n’est pas parce que enfin, certains bougent dans le bon sens, c’est parce qu’on a trop attendu et qu’aujourd’hui la tâche est immense. A trop avoir attendu, ils sont nombreux dans le camp d’en face à émettre des discours nauséabonds. A trop avoir attendu la tâche est immense et la marge de manœuvre est étroite.

Nous, nous serons toujours du côté de l’humanisme et des droits de l’homme, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’un côté les bons réfugiés qui fuient la dictature et la guerre et d’un autre côté les mauvais réfugiés qui fuient leurs pays aux économies dévastées ou leurs pays ravagés par les intempéries liées au réchauffement climatique.

Nous sommes convaincus que nous avons une responsabilité de pays riche et pour revenir à ce que peut faire notre commune nous souhaiterions connaître quel sera l’opérateur (quelle structure associative, quel réseau ?) chargé d’organiser l’accueil des réfugiés.

Notre commune a des atouts pour le faire sans attendre :

  • Des bâtiments inoccupés comme dans bien des endroits en France et je pense par exemple à l’école de Husseau
  • Des citoyens engagés qui savent ce que le mot solidarité veut dire. 

Jean Claude Bragoulet