Une maison de retraite à but lucratif à Montlouis !

Voilà, c’est rendu public ! Lors de la cérémonie des vœux du maire, le 11 janvier, au milieu du fatras habituel des déclarations d’autosatisfaction, il a été annoncé la construction d’une nouvelle maison de retraite à Montlouis. D’après la municipalité de droite-gauche réunies, elle a toutes les qualités… Nous savons qu’elle aura un joli nom : « Villa Eléonore », qu’elle se situera dans l’emprise des « Hauts de Montlouis ».

__Pour notre municipalité, c’est un petit paradis qui s’annonce__.
De nombreux nouveaux lits pour accueillir nos anciens et une soixantaine d’emplois devrait être créés. Vous pensez bien que, annoncé de cette façon, nul n’aurait la témérité de protester contre cette implantation d’EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) ;%%% Rue Eugène Bizeau, sur l’emplacement de la future maison de retraite privée

__Et pourtant, bien des questions se posent.
D’abord, il faut noter que cet établissement sera privé. Les investisseurs pensent aujourd’hui que les personnes âgées d’abord, dépendantes ensuite, représentent un juteux marché. Qui dit investissement privé, dit investisseurs …
__Actuellement, la société financière citée pour cette implantation a pour nom CORELYS. Son siège social est à proximité de Marseille, et il est extrêmement difficile d’avoir des informations sur ses activités. Même sur Internet, il est impossible de trouver des précisions sur la nature exacte de cette entreprise de gestion financière. Nous demandons qu’on nous dise quels sont ces investisseurs qui se sont trouvés une vocation de gestionnaire d’EHPAD, et pourquoi justement à Montlouis ? Quelles ont été les conditions d’attribution des terrains et des autorisations nécessaires ? Une démarche démocratique demande que toute la lumière soit faite sur cette opération
__La même société de gestion financière a déjà fait plusieurs tentatives sur l’ouest de la France, et certaines municipalités (de gauche) ont rejeté leur intervention pour s’appuyer plutôt sur le service public. Ne perdons pas de vue qu’il existe déjà à Montlouis la Bourdaisière, avec 130 places possibles, et un Service d’Aide à domicile de 45 places. Nous disposons aussi d’un foyer-résidence (Les Tuffeaux). Cet état de fait, dans un premier temps, (en août 2009) a motivé le refus d’installation du Conseil Général. Ce refus s’est transformé, en décembre 2009, en une acceptation. Nous voudrions bien savoir pourquoi.

Corelys… vous connaissez?

__Que sera la future maison de retraite sur les Hauts de Montlouis ?

On nous annonce 86 autorisations d’ouverture de lits … 52 classiques, 26 malades « désorientés » … 2 places Alzheimer … 2 places accueil de jour Alzheimer … 2 places temporaires classiques. Le Conseil Général demandait au départ 24 places d’aide sociale … En fin de compte, il y en aura 9. La tendance générale n’est donc pas la gestion des besoins sociaux des personnes âgées. Notre maire considère que c’est normal, car à Montlouis, les habitants font partie de catégories sociales supérieures, et pourront donc payer cher pour leur hébergement et les soins. Il l’a répété à plusieurs reprises, y compris au Conseil Municipal.
__En fait, d’après les informations de source généralement bien informées qui nous sont parvenues, le prix de la journée d’hébergement serait de 64,77€ par jour__, plus dépendance. Pour comparer, on trouve pour la Bourdaisière un prix de 46,19 Euros à la journée. Et ce n’est déjà pas donné, en fonction du niveau des pensions, qui ne devrait pas s’améliorer dans l’avenir !
__Toujours d’après la municipalité de Montlouis, la Bourdaisière devrait « profiter » de l’implantation de l’EHPAD privé. Cela est bizarre, car, en fait, notre EHPAD public va recevoir les personnes âgées qui ne pourront pas se payer la maison de luxe ! En fait, il est prévu de brancher la nouvelle maison sur les installations de La Bourdaisière (la cuisine en particulier). C’est un bel exemple d’application de la loi Bachelot de destruction du service public de santé. Les installations sont mises en commun, ce qui limite les investissements de ceux qui comptent faire des profits sur le dos des personnes âgées dépendantes. Gageons qu’il n’y aura pas d’obstacle à la contractualisation de ces collaborations, même si les conditions ne sont pas très satisfaisantes.
__L’installation de cette maison de retraite pour personnes relativement aisées n’est pas acceptable. Cette opération, qui sera justifiée, comme les autres, à grand renfort de « communication » (NR, Vivacité sur papier glacé etc.), entre en fait parfaitement dans le schéma que veut imposer le MEDEF et ses fidèles serviteurs en ce qui concerne la dépendance : mettre les retraités à contribution, leur faire payer le plus cher possible les services rendus (même s’ils sont insuffisants).
__Contre cette entreprise opiniâtre de démolition des structures sociales, y compris sur le plan local, il faut défendre une politique sociale qui, dans tous les domaines, s’appuie d’abord sur les services publics, et sur le principe général : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Et tout particulièrement refuse de faire de tout ce qui est humain un marché qui ne repose que sur les notions comptables, en termes de rentabilité financière immédiate, et méprise les personnes âgées pour ce qu’elles sont.%%% __Il faut agir pour un renforcement des moyens et des capacités d’accueil de La Bourdaisière, aussi bien pour le maintien à domicile que pour l’accueil des personnes « désorientées » ou non. S’il y a quelque chose à construire, il faudrait que ce soit dans l’emprise actuelle de l’EHPAD, ou à l’extérieur, avec une direction commune qui fasse progresser pour tous le Service Public d’accueil ou de maintien à domicile des personnes âgées. Le nombre de créations d’emplois nécessaires à un service de qualité à la Bourdaisière, avec une extension de ses capacités d’accueil, devrait être bien supérieur à 60 emplois.
__Le travail de mise aux normes de La Bourdaisière est programmé. Grâce à l’action du Conseil Général, il est question aujourd’hui de sa réfection complète … C’est effectivement positif, mais les citoyens de Montlouis, de son canton, doivent être associés aux décisions concernant le soutien et l’accueil de nos anciens. Nous n’avons pas besoin de maisons de retraite à but lucratif, qui ne garantissent en rien, malgré leurs prix élevés, la qualité du service rendu. __Nous avons besoin d’un service public solide, bien équipé, avec tous les personnels nécessaires, en nombre suffisant, bien formés.

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Commentaire

Une maison de retraite à but lucratif à Montlouis ! — 5 commentaires

  1. Oui les requins sont de sortie pour avaler tout cru l’argent des personnes agées.
    Voici ce que j’ai reçu comme spam dans ma messagerie ces jours ci :

    "Gagnez de l’argent en payant moins d’impôts
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    Pas de problème elle est belle notre société !!!

  2. Sur la NR du 25 février, on peut lire la "réponse" de la mairie aux questions que nous avons posées.

    A noter que dans cette réponse il n’y a aucune mise en cause, même à la marge, de la politique de la droite, qui veut privatiser le financement de la perte d’autonomie, et qui ne donne pas d’autre alternative (d’après ce que dit la municipalité) que la construction de maisons à but lucratif, donc très chères pour tout le monde … De plus les arguments sont fallacieux, ne reprennent pas la nécessité de "reconstruire" la Bourdaisière. En fait de ne pas faire concurrence à La Bourdaisière, on construit une maison pour les retraités très aisés, et on en garde une pour les plus pauvres.

    La mutualisation des moyens touche au moins deux niveaux d’activités : la balnéothérapie, qui sera construite dans la maison privée, et la cuisine, qui sera celle de la Bourdaisière. Cela atteste de l’impossibilité pour La Bourdaisère de s’équiper normalement (déjà les simples douches aux résidents posent problème), et du refus de l’investisseur privé d’investir dans un équipement coûteux : les cuisine. Il est vrai que c’est l’investissement le plus récent de la Bourdaisière. la mutualisation des moyens concernée est la même que celle préconisée par Bachelot entre les hôpitaux et les cliniques privées. A la fin, c’est toujours le système de gestion libéral fondé sur le profit qui gagne. Cela promet des circulations de véhicules chargés de pensionnaires en grande difficulté vers la balnéo du nouvel établissement, donc exige du personnel supplémentaire à la Bourdaisière, etc,etc …

    Pour éviter la concurrence entre deux établissements inégaux sur la ligne de départ (l’un neuf et aux normes, l’autre obsolète) il n’y a que deux solutions :
    la première, c’est de ne pas installer les intérêts privés dans le service public, donc de financer le service public, de construire une nouvelle maison de retraite annexe de la Bourdaisière et en réseau avec BLERE,
    la deuxième, c’est, comme l’a annoncé la présidente du CG, de "reconstruire" la Bourdaisière. mais la question du financement se pose aussi pour les reconstructions … Et la mise à niveau, aux normes, de La Bourdaisière est indispensable. Noter que cette reconstruction de la Bourdaisière n’est pas au programme que vient de sortir le Conseil général, et que les financements sont loin d’être certains.
    Avec les "justifications" de la mairie, il y a contradiction dans les termes !
    En fait, il s’agit de prises de positions politiques fondées sur un axiome de départ étonnant : l’Etat n’a plus les moyens de payer pour l’accueil du grand âge, mais les personnes à la retraite et en grande difficulté, ou leurs familles, pourront payer !
    Ce sont de bien curieuses positions pour une municipalité qui se dit de gauche !

  3. Je crois qu’il y longtemps que Monsieur le Maire n’est plus à gauche; qui peut croire que le conseiller général Bourdy est un homme de gauche??? Je crois que son équipe est de plus en plus à droite, regardez bien sa liste d’adjoint: un modem, une ex udf, un ex rpr…

  4. Demandons à faire retirer solennellement au prochain CM le titre usurpé de "zone hors AGCS" a cette mairie qui n’est que pour le libéralisme économique…honte à cette gauche municipale "caviardisée" qui roule au profit de "ses amis de la finance" en se pinçant le nez…Comment explique t’on que la majorité des nombreux projets immobiliers initiés par la mairie tombent dans les mains d’un adjoint promoteur…et on parle de conflit d’intérêt en politique, faut pas chercher très loin !!!

  5. Je suis animatrice dans un EHPAD régit par une association à but non lucratif. J’ai travaillé par le passé dans un établissement privé financés par des investisseurs et je peux en dire une chose: les salaires sont plus élevés, certes, mais la pression des investisseurs se fait sentir au quotidien et en toute connaissance de cause, je peux vous affirmer que la qualité du service rendu comme vous le dite n’a rien à voir avec le prix élevé imposé aux résidents et leurs familles. Si les prix sont élevés, c’est pour garantir aux investisseurs un retour sur leurs investissements. A savoir aussi que publics ou privés, les EHPAD vont souffrir de plus en plus des restrictions budgétaires à tous les niveaux et que la prise en charge perd déjà et perdra en qualité et en humanité…l’avenir des maisons de retraite fait peur surtout quand l’amalgame est fait entre "médico-social" et "politique". Bref pour le moment je reste où je suis car la qualité de la prise en charge ne dépend pas seulement des moyens financiers injectés, mais aussi des qualités humaines et organisationnelles de l’équipe de soins..

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